Ce n'est un secret pour personne : l'Europe ou plus
précisément les entités qui sont censées nous représenter ont failli auprès des citoyens face aux crises les touchant. Une faillite politique due essentiellement aux dirigeants
de droite qui gèrent pratiquement tous les pays de la communauté et les trois instances européennes. Un plan de relance inexistant par rapport aux USA, une non prise de conscience réactionnaire
et néo libérale qui va plomber et qui plombe la conscience collective sur la capacité de réaction de l'Europe. Les résultats ne s'en font pas attendre : les médias clament partout le peu
d'intérêt des citoyens pour le vote du 7 juin ! Les Etats Nations ont repris la main !
Il est aussi dommageable que l'Europe, la politique, ne soit pas mieux expliquée : ainsi son fonctionnement est méconnue car peut être trop compliqué. De plus,
les gouvernements donnent toujours une image négative des instances européennes ... Un exemple : quand les pêcheurs râlent pour les quotas et que le gouvernement déclare qu'il va tout
faire pour les augmenter, que sait-on exactement ? Barnier a voté les quotas avec tous les ministres européens et le même clame haut qu'il va tout faire pour contrer Bruxelles : voilà, ce
qu'il faut changer. Exemple parfait de cynisme ...
Une Europe en panne grâce aux politiques de droite !!!
Ségolène Royal résume admirablement dans son discours à Athènes le 12 mai dernier, ce que devrait être l'Europe, la place de la Gauche et son action :
"Tout devrait réussir à la Gauche Européenne. La faillite de Wall Street et la
crise financière mondiale ont entraîné la condamnation du libéralisme et ont fait place à des demandes que la Gauche a toujours défendues : le besoin d’Etat, la demande de protection sociale, des
règles financières réelles, la nécessité de mettre la finance au service de l’économie et l’économie au service du progrès humain. Bref, concevoir et réaliser ce que j’ai appelé, et qui n’a
jamais été autant d’actualité, un ordre juste économique, social et écologique.
Seulement voilà, les droites au pouvoir ont aussi compris cette mutation. Et
après avoir, comme en France, promis les ruptures libérales et même affirmé leur admiration du système des prêts hypothécaires de l’administration Bush, les droites retournent leur veste et
reprennent sans vergogne le vocabulaire de la gauche, sans changer pour autant de politique : mollesse dans la régulation d’un système bancaire qui n’en fait toujours qu’à sa tête, injustice
fiscale insolente qui perdure, des services publics en détresse comme l’enseignement supérieur , l’hôpital, la culture et la recherche.
Et enfin – et la liste n’est pas close – une timidité coupable dans les
politiques de développement durable alors que le réchauffement planétaire s’accélère et qu’il y a, dans la croissance verte, la clé d’un combat victorieux contre la désindustrialisation de
l’Europe qui jette à la rue des dizaines de milliers d’ouvriers victimes. Victimes d’une absence de clairvoyance et de volonté pour anticiper les mutations porteuses d’avenir : énergies
renouvelables, transports propres, habitat durable, agriculture sans pesticide, protection et valorisation des ressources maritimes, valorisation des déchets, etc. Et qui peut dire que les
valeurs écologiques ne sont pas de gauche ? Elles le sont. Profondément.
Penser aux générations futures avant de penser à soi-même, partager un patrimoine
que l’on sait limité, réparer ce qui a été détruit par l’autre, économiser l’eau même si on la croit abondante, penser qu’à l’autre bout de la planète, des centaines de millions d’êtres humains
n’ont pas accès à l’eau potable et que les guerres, les déplacements massifs de population viendront désormais de la lutte pour l’accès à l’eau potable. Oui, ces raisons et ces façons de faire et de penser sont passionnément de gauche.
Je crois profondément que nous pouvons vaincre l’ensauvagement du monde en transformant l’Europe pour en faire un modèle de civilisation. Ce mot-là aussi a été instrumentalisé, détourné,
raison de plus pour ne pas le lâcher. Il ne faut pas renoncer à cette ambition, car la crise que nous traversons est aussi morale, comme toute crise de civilisation. Nous devons transformer
l’Europe. Appuyons-nous pour cela sur l’attente et l’impatience des peuples. Car nos peuples attendent l’Europe ! "
Voilà pourquoi le vote du 7 juin est important : changer le Parlement, donner une nouvelle direction et impulsion à cette Europe dont nous, citoyens, avons le plus grand besoin
...
Paul Badré animateur local