Bien entendu, le meeting de Rezé n’aura donné
lieu dans la presse qu’à de multiples sarcasmes : se moquant de Martine Aubry ou de Ségolène Royal et cherchant pour quoi il y avait eu une soit disant réconciliation … Je dis « soit
disant » sciemment car finalement, à part un petit nombre de journalistes intéressés, le fond était bien infiniment plus important que la forme !
Pauvre presse : en écoutant Apathie sur la chaîne cryptée, un ange passait quand il disait que ce
sont les politiques qui ramènent le débat à zéro. Il oubliait combien la campagne des Européennes de la Gauche est si peu relayée par les médias traditionnels si passionnés par le bis repetita
organisé par l’UMP sur fond d’insécurité en visant son électorat préféré.
Rezé aura eu pourtant un pic : le discours de Ségolène était d’une hauteur de vue bien différente
de ce qu’on avait entendu jusqu’alors. Parler de l’Europe apparaît pour beaucoup un jeu difficile : elle nous a donné envie d’en entendre parler pour peu qu’on l’écouta …
D’abord, nous parler de l’abstention bien avant les ténors et les dirigeants de la droite qui ont plongé
l’Europe à force de dérégulations dans la crise. Ségolène nous rappelle comment les peuples doivent être maîtres de leur destin : en divisant citoyens, salariés, la droite a favorisé cette
Europe qui peine à protéger et à agir contre les crises. Elle appelle donc à cette Europe sociale dont la Gauche serait le moteur. « La faillite de Wall Street et la crise financière
mondiale ont entraîné la condamnation du libéralisme et ont fait place à des demandes que la gauche a toujours défendues : le besoin d’Etat, la demande de protection sociale, des règles
financières réelles, la nécessité de mettre la finance au service de l’économie et l’économie au service du progrès humain, l’urgence écologique. » appuyait-elle en visant le nouveau
discours des anciens néo libéraux si fervents de crédit hypothécaire naguère ! De plus, Ségolène nous dressait un constat accablant pour la politique de la droite qui s’est insinuée au fil
des dix dernières années : l’individualisme, l’avidité, la brutalité, l’imposture, le populisme et la démagogie. Un bien triste tableau !
Enfin, elle s’adressait aux futurs élus : non seulement sur leur engagement à représenter le peuple
mais aussi les peuples, d’aller de l’avant contre ces forces insidieuses installées par la droite. Elle martèle : « nous les connaissons les ciments politiques des Etats Unis d’Europe : justice sociale au service de l’efficacité économique, démocratie exemplaire, combat écologique, libertés. »
« Les socialistes se sont donnés la mission de l’Europe unie, sociale et
humaniste. »
Etats Unis d’Europe, doux rêve …
Paul Badré animateur local